L'historique de l'église Saint-Sornin

Cette église est placée sous le vocable de Saint-Saturnin, qui, par déformation du langage est devenu Saint-Sornin (Saint-Sorlin dans les sources les plus anciennes).

 

On distingue plusieurs phases de construction :

 

L'église telle que nous la voyons a vraisemblablement été édifiée à l'emplacement de la première chapelle d'un prieuré bénédictin. Cet édifice originel daterait du Xème siècle. Il aurait dépendu, de l'abbaye de l’Ile Barbe à Lyon.

 

Le gros œuvre date en majeure partie du XIVème siècle à savoir la nef le chœur et le transept.

 

Cette église était vraisemblablement construite sur un plant traditionnel de croix latine C'est à cette époque que la nef fut dotée de sa remarquable charpente en bois de châtaignier, en forme de carène de bateau renversée. Ce chef-d'œuvre, réalisé par des charpentiers de marine, a été classé monument historique dès 1932.

 

Des fresques des XIVème XVème siècles ont récemment été mises au jour et protégées. Elles se situent dans les combles du transept au-dessus des voûtes. Ces voûtes ont étés rajoutées plus tardivement, afin de rabaisser le transept, pour édifier deux tribunes à l'étage, de part et d'autre du chœur. Ces fresques présentent essentiellement des scènes de la vie de Jésus.

 

Le baptème du Christ XIIIème siècle.

 

Au XVème siècle, les sources nous apprennent que le prieuré n'est plus sous la tutelle de l'abbaye de l'Ile-Barbe, mais desservi par l'ordre des chanoines de Saint-Ruf, dont la maison-mère est située près de Valence. il semble que ce ne soit qu'un court interlude, et que Saint-Sornin échappe par la suite à l'autorité de tout nouveau prieur.

 

Signalons que dès les XIIème XIIIème siècles, l'église fut l'église paroissiale de Serrières sous le contrôle de l'archevêque de Vienne, ceci jusqu'au Concordat.

 

C'est à cette époque qu'est crée un ossuaire dans les combles du transept Nord. Mais la célébrité de Saint-Sornin ne vient pas de ces quelques trois cents squelettes, mais des quatre "mandulons" qui les côtoient. Le terme est adapté du mot patois provençal "mandule", qui signifie petite amande desséchée; il désigne quatre corps momifiés et grimaçants, adossés aux murs de l'ossuaire. Leur présence à cet endroit reste à l'origine de légendes tenaces : restes d'emmurés vifs, pestiférés, martyrs des guerres de religion ... Plus sérieusement, ces cadavres ont sans doute été inhumés dans l'ossuaire, et doivent leur état de conservation exceptionnel à un ensemble de données naturelles, telle que la qualité de l'air, le degré d'humidité…

 

Toujours au XVIIIème siècle et plus vraisemblablement au XVIIème siècle, Saint Sornin fut ornée de nouvelles peintures murales qui avaient été recouvertes au badigeon blanc et leur redécouverte fut une surprise générale, malgré les altérations de la couche picturale due au piquetage de l'enduit.

 

L'intérieur de l'arc triomphal présente une frise de roses prise dans des rinceaux, agrémentée de deux figures d'anges. La composition externe s'agence de part et d'autre d'une vierge à l'enfant, vêtue d'un manteau bleu et assise sur un croissant de lune. A sa droite se trouve saint Nicolas en habits d'évêque et une scène représentant le baptême du Christ. A sa gauche, on reconnaît saint Saturnin et saint Roch. Le décor comporte également plusieurs armoiries et les noms de grandes familles locales.

 

En 1804, l'église Saint-Sornin perd son statut d'église paroissiale et devient une simple annexe. On y célèbre encore quelques messes, mais la paroisse s'est déplacée à Serrières même, dans l'église du Nord du bourg. La désaffection de Saint-Sornin est rendue nécessaire par son état de délabrement et d'insanité, à cause des caveaux trop nombreux et du Rhône trop proche.

 

En 1927, Saint-Sornin est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

 

En 1932, la nef de l'église est classée monument historique, en raison de sa très belle charpente.

 

En 1937, celte protection est étendue à l'église entière.

 

Entre temps, sous la pression du sénateur-maire Isidore Cuminal, et sur la décision de l'évêque de Viviers, Saint-Sornin est officiellement désaffectée en 1935. Le monument entre alors dans sa phase musée.


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